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L'Observateur de Mayotte

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L'Écho du Lagon
Tribune

Convergence sociale : ne pas oublier les très petites entreprises

L'alignement progressif des salaires et des cotisations est une exigence de justice. Encore faut-il que le tissu économique mahorais, fait d'ateliers, d'échoppes et de micro-services, survive au calendrier. Par Z. Madi, économiste.

ZM

Z. MadiÉconomiste, enseigne la gestion à Mamoudzou.
Auteur fictif — maquette de démonstration.

Publié le 28 septembre 2026 à 07 h 30 · Lecture 4 min · Tribune fictive

Personne, à Mayotte, ne conteste le principe. La convergence sociale est une promesse républicaine : à travail égal, protection égale. La question n'a jamais été le « pourquoi », mais le « comment » — et surtout le « à quel rythme ». Or le calendrier qui s'ouvre au 1ᵉʳ janvier raisonne comme si l'économie mahoraise était une économie de grandes entreprises. Elle est exactement l'inverse.

Neuf entreprises sur dix ici comptent moins de dix salariés. Le couturier de Sada, le garagiste de Koungou, la gérante de doukas de Chirongui : voilà le vrai visage de l’employeur mahorais. Pour eux, une hausse simultanée du salaire minimum et des cotisations ne se lit pas dans un tableur consolidé. Elle se lit dans la caisse du soir.

« On ne rattrape pas cinquante ans d'écart en faisant les poches de ceux qui embauchent au village. »

Z. Madi (tribune fictive)

Que faire ? Trois choses, qui ne coûtent ni renoncement ni report. D’abord, un barème de cotisations réellement progressif pour les entreprises de moins de onze salariés, calé sur la masse salariale et non sur le seul effectif. Ensuite, un guichet unique d’accompagnement — un seul interlocuteur, pas sept formulaires — pour transformer la revalorisation en gain de productivité : formation, équipement, numérisation. Enfin, la transparence : publier chaque année, commune par commune, l’effet mesuré de chaque étape sur l’emploi déclaré. La convergence se pilote aux données, pas aux slogans.

Il y a un piège symétrique, et il faut le nommer : celui de l’immobilisme déguisé en prudence. Retarder indéfiniment la convergence, c’est entretenir la concurrence déloyale du travail informel et priver les salariés mahorais de droits acquis partout ailleurs dans la République. La bonne trajectoire n’est ni le gel ni le choc : c’est la marche accompagnée.

Le 101ᵉ département n’a pas besoin d’un traitement de faveur. Il a besoin d’un traitement sur mesure. C’est toute la différence entre une politique qui s’applique et une politique qui réussit.

Les tribunes publiées dans L'Écho du Lagon n'engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas la position de la rédaction. Ce texte est fictif : il illustre le gabarit de la rubrique dans cette maquette de démonstration.

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