Transports · Petite-Terre
La barge nouvelle génération entre en service entre Mamoudzou et Dzaoudzi
Après dix-huit mois de chantier, l'amphidrome « Karihani » embarque ses premiers passagers ce lundi. Capacité doublée, motorisation hybride : la traversée du bras de mer change d'échelle. Reportage à bord des essais.
Il est 5 h 40 sur le ponton de Dzaoudzi et la file des scolaires s'étire déjà jusqu'à la place du Rond-Point. Mais ce lundi, quelque chose a changé : à quai, la silhouette rouge et blanche du « Karihani » domine d'une bonne tête les amphidromes historiques. Cent douze mètres de long, deux ponts, et une promesse répétée par tous les agents du Service des transports maritimes : « Plus personne ne restera à quai. »
Commandé il y a trois ans, assemblé pendant dix-huit mois, le navire peut embarquer 1 200 passagers et 46 véhicules par rotation — deux fois plus que ses aînés. Les rampes d’accès ont été élargies, les coursives couvertes, et un espace est réservé aux poussettes et aux fauteuils roulants, une première sur la ligne.
Vingt minutes en heure de pointe
Le changement le plus attendu ne se voit pas depuis le quai : c’est l’horaire. Dès cette semaine, la rotation passe à vingt minutes entre 5 h et 8 h, contre trente aujourd’hui. Pour les collégiens de Labattoir et de Pamandzi scolarisés en Grande-Terre, le gain estimé approche l’heure quotidienne, trajets d’attente compris.
Les habitués gardent pourtant leurs réflexes. « On verra à la première panne », sourit une commerçante du marché de Mamoudzou, qui traverse deux fois par jour depuis vingt ans. Le Service des transports maritimes l’assure : la maintenance lourde se fera désormais de nuit, et l’ancien amphidrome restera armé en réserve.
« Ce bras de mer est notre périphérique, notre ligne de métro et notre pont. Le Karihani, c'est la colonne vertébrale du département qui se redresse. »
Direction du Service des transports maritimes (propos fictifs)Une motorisation hybride inédite dans la région
Sous le pont-garage, quatre moteurs diesel-électriques alimentent deux propulseurs azimutaux. En approche des pontons, le navire bascule en mode électrique : moins de bruit, moins de fumées noires au-dessus des files d’attente, et une consommation annoncée en baisse d’un quart à pleine charge.
L’équipage a été formé pendant six semaines, dont dix jours en simulateur. La manœuvre d’accostage, elle, ne change pas : trois minutes montre en main quand le vent de sud-est reste raisonnable.
Ce qui change pour les usagers
Les titres de transport restent valables et les abonnements sont reconduits sans démarche. Seule nouveauté : l’embarquement des deux-roues se fait désormais par la rampe arrière, pour séparer les flux. Les horaires détaillés sont affichés aux gares maritimes et dans les mairies annexes.
Reste la question que tout le monde pose sur le ponton : et le week-end ? La direction promet une réponse « avant la fin de l’année ». En attendant, ce lundi à 6 h 02, le « Karihani » a quitté Dzaoudzi avec quatre minutes d’avance sur l’horaire. Personne n’est resté à quai.
N. Abdallah-CharifJournaliste fictif de la rubrique Transports. Couvre la mobilité et l'aménagement à Mayotte pour cette maquette de démonstration.
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